Ma cabane au Guatemala

Les cousins voyageurs en Amérique centrale en 2005

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Fin à Antigua

Eh oui ! La fin approche, leurs jours sont comptés. Mais avant d’embarquer, il leur faut en finir avec ce voyage. Et c’est à Antigua qu’ils le font.

Antigua

Antigua est une ville coloniale aux pieds de trois volcans assoupis. Elle fut la capitale du Guatemala, mais suite à plusieurs tremblements de terre, fut abandonnée. La capitale devenant Guatemala ciudad. Depuis elle a cessé de grandir, et n’a pas connu l’expansion frénétique des villes modernes. Antigua n’a pas de banlieue, peu de voitures et ses rues sont pavées de pierres. Il y règne une ambiance paisible, désuète et somnolente.
Vos deux explorateurs, fidèles à eux mêmes, pour finir en beauté, décident d’y faire la fête. Et en bons épicuriens gallophiles, optent pour la tournée des grands ducs. Rendez-vous au Sky Café, c’est un bar sur le toit d’une bâtisse à deux étages, sous le volcan et face au coucher du soleil. Et tandis que Jean rejoint Frank, une jeune fille surgit en courant un flyer à la main et sourire aux levres, « live music tonight at the No Sé Cafe », lui dit elle avec un accent américain prononcé. Ça fera une bonne amorce se dit-il, avant de rejoindre son acolyte.

Antigua

Une fois le soleil couché, et la première bière bue, les choses sérieuses commencent.

D’abord le No Sé, voir si les flyeuses y sont. Là, dans un petit bar à l’ambiance familiale, toute une societé d’expatriés américains, tuent le temps en famille, passant leurs soirées entre eux, se touchant se caressant, se prenant dans les bras et s’embrassant sans cesse (Frank : merde on est dans un bar de gouines). Rapidement les deux morts de soif incrustent ce petit monde (Frank : on a pas dit mort de faim), et immédiatement tous se mettent à cracher sur leurs pays et mister Bush en particulier. Elles avouent avoir honte d’être américaines, honnissant ce peuple obtus, dont, disent elles, 70% de la population n’est jamais sorti de son état natal. Tandis qu’elles, voyagent, voient du pays et sont ouvertes aux autres. Mais à écouter Rebecca, une jeunette, venue ici en voyage avec un amis, qui l’a planté là, et n’osant pas voyager seule elle attend la fin de ses vacances à Antigua, ne faisant rien de ses journées, et passant toutes ses soirées ici, ou Ivy qui fait la bénévole au bar pour se donner une contenance et une occupation, et même Eva, la masseuse, vit entre son bureau et le bar (Frank : mmm Eva me plait bien, masseuse en plus..), On réalise vite qu’elles sont comme ceux qu’elles critiquent. Elles ne font pas le moindre effort pour parler une autre langue avec les étrangers, qui se doivent de comprendre leurs machouillages, et vivent isolées et fermées aux autres. Plutôt dégoûtés qu’autre chose, nous les quittons, et partons vers un autre quartier, à la recherche de la vie Antiguaienne.
Nous allons au MonoLoco, un bar animé, qui est le rendez vous des bénévoles. Ils y retrouvent Jessica, (la copine de la fullmoon party), qui est bénévole pour une oeuvre caritative, Antigua est un haut lieu du caritatif, il y existe une espèce de trafic de bons sentiments. Beaucoup de jeunes occidentaux pour voyager facilement et pas cher, font des séjours ici sous prétexte de bonnes oeuvres, comme donner des cours d’allemand aux petits indiens (une bien belle mission surtout très utile aux indiens, mais qui n’est en fait, qu’un emploi gratuit pour les écoles de langue ou les sectes qui pullulent ici), ou nourrir les iguanes (qui n’y arrivaient pas tout seul). Tout ces bénévoles se retrouvent tous les soirs ici, parlant un espéranto, et partageant le même ennui. Eux aussi vivent à l’abri du monde et de ses réalités.
Antigua

Alors de plus en plus désespérés, Frank et Jean vont au nord de la ville au Reilly’s, Un pub irlandais (Frank : encore un coin d’américains), où il retrouve Jean Marc, (Le copain de la copine de la fullmoon party), Lui travaille. Il se dit agent immobilier, consultant et bosse dans l’import-export. Il a un discourt assez lucide sur le pays, et rapidement nous parle de son but dans la vie, argent, famille et encore bonnes oeuvres. Qu’ont-ils donc tous ! Ils sont certainement tous contaminés par l’ambiance dégoulinante d’altruisme et de bons sentiments de la ville, il a besoin d’habiller son désir d’argent sous des aspect altruiste et généreux, mais son seul but est en réalité d’amasser du pognon.

Antigua
À la fermeture, alors que les deux compères s’apprêtent à renter à leur hôtel, Jean Marc les appelle. Ya une soirée privée dans un bar clandé, Vous y êtes conviés.
Dans un bar fermé, le barman, visiblement en cachette de son patron, ouvre et vend à son propre compte les boissons du bar. L’ambiance est encore assez étriquée, tous se connaissent, et les connaissances y sont faciles. Les deux cousins-voyageurs y rencontrent Jeanne-Marie (Frank : non ce n’est pas Marie Jeanne - Jean : ni la femme à Jean-Marie), jolie hollandaise ayant vécue en Corrèze, qui dans un français impeccable, leur raconte avoir du payer pour pouvoir être bénévole, puis Jean un demi beur de Marseille, qui vit assez mal sa situation, il est reconverti en barman, son salaire lui permet difficilement de vivre, mais pas de rentrer en France.
Enfin las de ce mini-monde obtu qui se mord la queue, ils retournent à l’hôtel, mais pas pour dormir car ils ont tant à se dire. Ils leur faut tirer les conclusions tout autant de cette soirée, que de ce long voyage.

Amis à Lunettes