Ma cabane au Guatemala

Les cousins voyageurs en Amérique centrale en 2005

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San Cristobal de las Casas

 Nos deux intrépides touristes commencent à ressentir une certaine lassitude de la continuelle agression dont ils sont victimes, ainsi que du masques des locaux, et c’est un peu désespérés qu’ils cherchent un chemin pour sortir des ornières, que les guides et l’infrastructure touristique leur imposent. Mais avant de jeter les oeillères aux orties, encore faut-il trouver la sortie.

Le Chiapas dont San Cristobal de las Casas est la capitale, est le fief du sous-commandant Marcos, un révolutionnaire, qui comme eux, rêve d’un monde meilleur, mais lui il agit (Frank : comme si on foutait rien - Jean : prendre des bus et boire des bières n’est-ce pas agir aussi ?), et a construit avec ses compagnons une révolution, aujourd’hui devenue pacifique, pour le bien du peuple (Frank : C'est beau l’altruisme).
San Cristobal de las Casas
Mais tout d’abord nous avons un rendez-vous. Isabellle et Jean-Yves, sœur, cousine et beau fère. Et même si cela sonne exotique, nous les retrouvons tout naturellement sur le zocalo pour l’apéro. Ce sont de grands gourmands, et bien qu’ils ne soient ici que depuis une semaine, ils souffrent de la cuisine locale. Il faut bien avouer que burritos, enchiladas, chilaquiles, quesadillas, tacos et j’en passe sont quasiment tous pareils (jean : tacos a l’imodium sauce ercefluyil, c’est trop bon !), et nous sommes un peu las de cette cuisine (Jean : Qu’est ce que ce sera dans un mois ?), alors nous acceptons avec plaisir l’idée d’Isabelle d’essayer le resto Français, “Chez Pierre” (Frank : je ne dis rien mais quand même aller dans un resto français au bout du monde c’est con - Jean : ça fait blaireau, mais j’assume)

Dans un resto désert, nous sommes accueilli en espagnol par un homme, à qui nous nous répondons en français, c’était assez facile vu son air mi-Aznavour mi-Brasseur. Il doit avoir un sacré mal du pays, car voyant que nous sommes français, il ne s’est plus tu. C’est un Marseillais avec évidemment l’accent cong, le bagou et le sens de l’exagération :
-Boca del cielo c’est un piège à cons, ils te vendent une crevette au prix du bateau
-les moustiques y sont gros comme des avions
-en moins de trois minutes tu ressembles à un bibendum tellement tu t’es fait piquer cong
Mais c’est un fin gourmet et il fait lui même son beurre (au sens propre comme au figuré) et son jambon, il a même fait du foie gras, mais 25 canards à gaver dans sa cour, “ça faisait un sacré barouffe”. Dans son restaurant “la meilleure table française du Mexique”, viennent surtout des potentats locaux, des entrepreneurs, mais aussi des généraux, ce qui fait qu’il est au courant de pas mal des faits et trafics du pays.
San Cristobal de las Casas
Donc inévitablement nous lui parlons de Marcos.
Le sub-commandante Marcos est déjà un mythe local comme une icône internationale, et il manie aussi bien la kalachnikov, que les mots et paradoxes ainsi s’il se masque c’est pour être vu, ou se dit mort, pour ne plus pouvoir être tué.
-Oh Marcos, il arrange bien l’armée, car il justifie son budget, assène Pierre.
En tout cas son vin mexicain est excellent et délie les langues. Petit à petit il a commencé à se raconter. Il a 61 ans, ca fait 25 ans qu’il vit ici, il a épousé une Mexicaine de 23 ans, dont il a un enfant de 4 ans (faites le calcul). Mais ses histoires sont un peu confuses. C’est repus autant que saoulés de mots et de vin, que nous le quittons, ravis mais assez dubitatifs quant au personnage (Frank : finalement on a bien ri, mais le lendemain on étaient tous un peu patrac, surtout Jean Yves).
cons Comitan
Ensuite retour sur Comitan, où nos routes bifurquent. Comitan c’est moins de deux pages dans le guide, donc rien à y faire, mais surtout pas un touriste, les mexicains ne passent pas leur temps à essayer de nous arnaquer, au contraire ils nous ignorent. Et ça c’est bien agréable, ce qui fait que cette étape est assez cool, et nous laisse percevoir une autre manière de voyager, entre les pages.
Vous qui n’êtes pas à Palavas les flots, ni même au club à Formentera, voir même en train de travailler, en tout cas encore devant votre ordi, peut-être n’imaginez-vous pas, ce que vos deux voyageurs doivent endurer, 24 heures sur 24 ensemble depuis déjà trois semaines, et toujours d’accord. pas la moindre divergence de vue. Un calvaire ! Et bien, en quittant Isabelle et Jean-Yves, ils trouvèrent un sujet de discorde, Frank ne voulait pas retourner à San Cristobal, prétextant que c’etait revenir en arrière, régresser, ce à quoi Jean répondit, demain c’est samedi soir, et lundi c’est la fête de San Cristobal donc ca va être la fête en ville et on va s’amuser. Argument que Frank ne pouvait qu’approuver, vous le connaissez (Frank : la chair est faible).

Nous retournons donc à San Cristo, et sensation nouvelle, on arrive dans une ville qu’on connaît, sachant où aller et sans se perdre. Trop facile! (Frank : pour une fois que je ne regarde pas la carte- Jean : Frank est le géo-maître, tant dis que moi c’est plutôt la langue, lui le routard et moi le haraps)
Marché à San Cristobal
À San Cristobal il y a de l’artisanat, mais il vient surtout du Guatemala, ce qu’il y a de spécifique, c’est l’ambre, et le Marco-bisness. Car le sub est partout, T-shirts, cendriers, tasses, stylos, poupées vendues par les enfants, et même un bar où l’on trouve la seule cerveza al baril de la ville. Tout le monde en profite.Qui récupère qui ?

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La Révolution n’est-elle qu’un produit de consommation, ou ces bibelots le media de la Révolution ?
Revolucion café
Demain, vos intrépides voyageurs, comme les grands explorateurs, partent à la découverte du bout du monde, Car dans leur insatiable quête d’inconnu, ils vont voir ce qu’il y a après la dernière page du guide, et espèrent ainsi, peut-être sortir des sentiers trop battus.

Tomberont-ils dans un vide sans fin, ou resteront ils coincés en quatrième de couv, hantés par la prochaine ré-édition ?

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