Ma cabane au Guatemala

Les cousins voyageurs en Amérique centrale en 2005

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San Pedro de la laguna

 Lac Atitlan
“C’est facil dé mé trouver, souffit dé mé demander, tout le monde mé connait à Sanne Pedro”, c’est ainsi qu’il nous indiqua le chemin pour le rejoindre. Nous prenons la lancha pour aller à San Pedro, où loge notre contact (Merci Marie).

Nous traversons le lac en plein sunset. Tout autour une explosion de couleurs et de lumières, nous sommes au cœur du coucher de soleil. Une féerie en colorama !

Maximon, fume, bois et fornique, mais aussi, dans un autre registre, il commande à la pluie et fertilise la terre. Il incarne autant le bien que le mal, la dualité maya...

Peut être, mais c’est avec Massimo que nous avons rendez vous. Massimo, on en avait déjà beaucoup entendu parlé, Frank croit même l’avoir croisé en 88 à Fréjus. Mais en réalité, nous ne savons rien de lui, si ce n’est qu’il excite nos imaginations. Massimo, le roi des babs, le jardinier du diable cultivant la meilleure herbe du Guate (Frank : j’avoue qu elle est bonne - Jean : Pour sur, on a coince pendant deux jours). Perché au paradis dans sa cabane au Guatemala. Il habite tout au bout du village au milieu des champs de mais, à 100 m du lac. On sonne. Des chiens surgissent en aboyant, il arrive. « Vénez n’ayez pas peur des chiennes, ils sonne pas méchantes », il a les cheveux long, deux yeux bleus enfoncés dans un visage émacié, et un sourire béa. Ah j’oubliais, il parle tresse bienne français avec une poutin d’accent italianne.

Il est content d’avoir de la visite et se raconte avec plaisir. Massimo, était joueur de foot pro, avant qu’une blessure au genou brise sa carrière et ses rêves de gloire. Alors avec l’argent de l’assurance, il est parti sur les routes d’Amérique latine. Bolivie, Pérou, Guatemala, Colombie... Il vécut l’aventure dix ans durant. À l’arrivée de son fils, il décide de se poser, et s’installe à San Pedro de la laguna, sur le lac Atitlan, un village calme, sur et sans voiture, où il construit autour de son fils un petit paradis face au levant.
Mais la vie est retorse, et à peine la maison finie, alors que son fils a un an, sa femme pète les plombs et part, le laissant seul avec l’enfant. Massimo ne s’en laisse pas compter, et continue l’édification de son Icarie, avec son fils au centre, vivant dans la nature parmi les indiens, dont il parle le dialecte.
Chez Massimo
Trop de bonheur irrite les dieux. Maximon en prit ombrage et lui lanca ses foudres. Un matin débarque chez lui, l’ambassadeur de France au guate accompagné du personnel consulaire ainsi que de la police. Ils sont mandatés par la mère, et embarquent l’enfant.
Qui pourrait résister à un tel coup du sort, pas plus Massimo que quiconque, et il tombe. « J’avais une bonne excouze ». Dix ans à ne dormir qu’un jour par semaine, complètement hagard.
Mais même au pire on s’habitue, et un matin las de cette non-vie, il se ressaisit et arrête toutes ces conneries.
Chez Massimo
La nuit est tombée, “yé vi comme les poules ici, et yé vé mé coucher” nous dit Massimo nous souhaitant bonne nuit. Mais le sommeil ne vient pas, Massimo et sa quête nous posent questions.
Aujourd’hui son paradis c’est refermé sur lui. Et espérant le retour de son fils, il vit reclu dans sa maison, « Yé ne souis pas allé à Pana dépuis houit anne ». Toujours plus envahi par la lente colonisation touristique, que sa venue ici a probablement déclenché.
Massimo
Au petit matin, sa maison étant orientée vers le levant, c’est baigné de lumière que nous nous réveillons. Massimo est dans le hamac en train de lire. « Yé souis une pétit peu fainéante, tou sé » nous dit-il. Puis après sa lecture, il se rend au fond du jardin, où assis face au soleil, il lit le journal, commentant avec gourmandise les meurtres qui remplissent la presse locale. Aujourd’hui un fait divers l’amuse particulièrement, un gamin de 13 ans accompagné de son garde du corps de 13 ans lui aussi ont tué un agent de la DEA, et sont accusés de 16 autres meurtres, “tou té rende conte treize anne”, et détail qui le ravit, tout ça s’est passé dans quartier nommé « el enfiermito », le petit enfer.Après le repas il va faire la sieste, tandis que nous passons d’un hamac à l’autre pour tuer le temps. Quelques amis passent. Enfin le soir arrive, c’est les infos italiennes et le calcio.

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Massimo
« C’est doure la vie ! » nous ne pouvons qu’agréer, et allons nous coucher épuisés par cette dure journée.

Deux jours à ce rythme, c’est cool ! Mais un de plus et vos deux voyageurs explosent. Ils décident donc de partir le lendemain, car la chronique, cette goulue, les presse. Ogresse affamée, elle ne peut se satisfaire de balancements en hamacs, car elle ne se repaît que d’aventures...

Jesus