frank et Jean dinde

...Rien quun bout

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Fank you

 Jodhpur turban clocktower
 Voir n’est pas s’arrêter à la surface des choses, et pour tenter d’en percevoir le dedans nous avons nos techniques. Chercher du charasse en fait partie, sa quête permet de sortir des sentiers battus, de voir d’autres lieux, de rencontrer d’autre personnes, et puis qui vient en France se doit d’y boire du vin, en Inde c’est le charasse qu‘il faut goûter.
On nous oriente vers les vendeurs de tabac du marché de la tour de l’horloge, où l’on nous envoie vers un autre marché. Chemin faisant, un indien en moto nous renseigne. Il se propose de nous amener à une connaissance. Et nous voilà partis à trois sur sa moto klaxonnant à tue tête à contre-sens au milieu du carrefour grouillant de vélos, motos et rickshaws roulant en tous sens.
Ici c’est le plus gros qui a raison. Et pour le prouver il ne cesse d’user de son klaxon, évidemment proportionnel à son poids. Le piéton humble et muet file doux, seuls les chiens s’effacent devant lui.
 Jodhpur Pandit
 Nous arrivons à un stand de thé (chai) sur le bord du boulevard. Quelques politesses avant de parler bizness. Notre pilote s’appelle Pandit, Il a un visage rond, avec sur le front le point rouge du troisième œil en forme de flamme entre ses petits yeux enfoncés et vifs et un nez crochu : un malin, il a aussi deux enfants, une fille et un garçon, et une boutique de bijoux. La transaction faite, alors que Frank paye Pandit aperçoit son portable – c’est un modèle récent mais bas de gamme, 20 euros - son œil s’allume. Puis il nous emmène dans sa boutique, un petit local sans fenêtre au sous-sol d’une galerie marchande. Il nous présente sa « collection », des bijoux en argent et des babioles. Nous ne sommes pas intéressés, mais nous sommes redevable. Frank achète un shilom. Pandit se tourne alors vers Jean, mais celui-ci n’est pas intéressé et refuse d’acheter. S’en suit des palabres pour le convaincre de dépenser, puis il ouvre son coffre et en sort cérémonieusement une petite boite d’un gramme safran. Jean trouvant une porte de sortie en achète. L’entretien tire à sa fin – encore quelques banalités et nous serons dehors. Soudain Bandit sort trois boîtes de safran du coffre et les pose sur la table – « trois grammes pour ton portable. » Frank refuse. Pandit ajoute une autre boite. – « for. » Les rôles se sont inversés. Frank jouant le jeu refuse. Pandit explique que c’est pour offrir à son fils. Ici l’enfant mâle est roi, et rien n’est trop beau pour lui, alors  même si le portable de Frank est une daube, c’est une Ferrari par rapport à ceux de l’indien moyen. Pandit sort une boîte de 5 grammes de safran et la pause sur les autres. Nous en sommes à 9. Frank continu de faire sa mijaurée et Pandit d’enchérir – 10 grammes - il prend des airs implorants, mais Frank reste intraitable et ne cèdera pas, même à 15 grammes, qui sera la dernière offre de Pandit. L’affaire ne se fait pas et ils partent laissant Pandit déçut, tandis que les deux compères s’en vont ricanant et jubilant de la tournure qu’a prise leur aventure.