frank et Jean dinde

...Rien quun bout

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Un petit bout d'Inde

 Anjuna est un de ces anciens spots hippie , c’est une plage parsemé de bars avec une faune un peu perchée autant que familiale. Les cousins s’y posent parce qu’il faut bien commencer quelque part, et qu’il leur faut un point de rendez-vous. Ils ont rencard. En effet, la paire s’enrichit d’un partenaire, Olivia les rejoint, elle sera la commère des compères et la paire, trio. C’est à trois qu’ils vont explorer Goa.
 Goa
 Frank, un clope au bec et une « kingfisher » à la main, balance lentement dans le hamac - il a pour l’occasion son tee-shirt du bituroscope - il regarde le reflet de la lune sur la mer, perdu dans ses pensées – des voiliers navigant d’un bout à l’autre du monde. Olivia, entourée de bougies, écrit son carnet de voyage, elle a eu du mal à le mettre à jour ces derniers temps – faut dire que tout est allé si vite. Jean marche sur le sable mouillé, de temps en temps une vaguelette vient mourir à ses pieds, les léchant au passage. Il pense à « l’expérimentations sensorielles » qu’il vient de réaliser - c’est un grand mot pour décrire de petites sensations : le son de l’ordi qui boote au milieu de nulle part - un assortiment inédit et incongru de sons - comme la veille à Gokarna, assis sur le sable encore mouillé des vagues dans lesquelles ils ont joué, ils goûtent des Ferreros Roche d’Or. Un décalage qui parle des deux bouts de l’idée.
Ils sont à Galgibaga, un hameau tout au sud de Goa, une langue de sable entre une rivière (éponyme) et la mer d’Arabie, plantée de pins et bâtie de 3 ou 4 cabanes sommaires en palme, dont un petit bar tenu par Santos, ils sont, mis à part un hamac habité d’un être farouche et solitaire, seuls dans ce décor qui ressemblerait énormément aux Landes, si l’eau n’y était chaude.
Olivia absorbée par son carnet demande à la cantonade : « la petite crique où nous avions une cabane si mignonne, c’était où ?
-L’endroit où on a rencontré cet Américain si freaky ? demande Jean.
Laguna Vista, entre Palolem et Patnem – répond Frank qui a toujours eu beaucoup de goût pour la géographie. Puis le silence retombe, pas besoin de mots pour regarder passer le temps. Ils jouissent tant qu’ils peuvent de ce cet instant si plein et si vide. Intense par le rien qui l’habite : rien qu’être heureux dans ce décor – pas si compliqué somme toute.
 Goa
 Le bonheur ne leur est pas arrivé tout cuit dans le bec, ils ne sont pas tombés directement en extase. Ils l’ont élaboré leur petit bout de paradis. D’abord une moto pour le goût de liberté, pour le décor, les cocotiers feront l’affaire, sans oublier un zest de complicité pour épicer l’histoire. Reste plus qu’à laisser prendre la mayonnaise.
Ainsi après plusieurs jours de quête : trop touristique, trop urbain, pas assez de cocotiers, trop de monde, trop grande, pas assez typique - leur hésitation est le signe de l’exigence.
Le soleil se couche toujours quelque part. Et tels des Petits Princes en moto, ils naviguent sur leurs engins d’une plage à une autre, s’approchant chaque jour  davantage du soleil.
 Goa
 Mais je ne vais pas vous raconter le sable, les cocotiers et la mer... Le bonheur est chiant à entendre et la filmographie mondiale est là pour le prouver. Alors je vous dirais plutôt ce qui n’a pas eu lieu : Frank et Jean, après plusieurs heures de route arrivent enfin à une plage déserte. Ils ont chaud et sont couverts de poussière. Ils plongent avec délices dans les vagues, mais sortent vite. Ils s’assoient dans le sable pour sécher. Jean se tourne vers son cousin : « Et alors ? » Frank, après un silence : « Ben... rien … », puis regardant Jean : « Une bière ? ».
En effet ils ne vont pas se rouler dans le sable - chabada - courir nus dans le soleil couchant - chabadabada -  et s’embrasser dans les vagues - chabadabada...
Heureusement qu’Olivia est là et les divertit d’eux, mais aussi, par sa présence, féminine rend les plages et les cahutes plus jolies…
 Goa
 Plus haut on monte, plus dure est la chute.
La petite troupe est resté trop longtemps au soleil et le temps est passé : Le voyage tire à sa fin. Ils doivent rentrer, car samedi leur avion décolle pour Paris. Pas de bol - il fallait s’y prendre à l’avance - plus de place dans Goa-Bombay du lendemain, du coup ils doivent partir le jour même.
Après des adieux précipités à Olivia qui continue sa route, les cousins enchaînent par une nuit à Bombay avant de se rendre à l’aéroport.
Mais trop prés du soleil, ce ne sont pas leurs ailes - bien que - qu’ils ont brûlé, mais leurs neurones, car ils découvrent à l’embarquement qu’ils ne partent que le lendemain. Résultat une journée à poiroter prés de l’aéroport, qu’ils auraient préféré passer à jouer dans les vagues.
 Mumbai chantier
 Du coup c’est l’extra-balle : Un petit bout d’Inde pour la nuit.