Le Madazine des Madalascars

...Frank et jean en Lémurie

  • Augmenter la taille
  • Taille par défaut
  • Diminuer la taille

Bezaha

BezahaLa suite du programme les éloigne enfin des sentiers battus. Ils quittent la route, et empruntent une piste de terre rouge comme un court de Roland Garros, mais bien plus chaotique. Trois heures pour arriver à Bezaha. C'est un petit village, ou il y a plusieurs sources d'eau chaude, une léproserie, et une mine de saphir. Pour le logement, malgré l'isolement, il y a un hôtel tenu par un vaza, employant des handicapés. bonne oeuvre, simplicité et propreté.

 Sur les conseil de Michel, le deux fesses de Tulear, ils vont visiter la léproserie. Non par voyeurisme, mais parce que Michel le leur a conseillé, disant que les lépreux avait faim de visites, de se savoir ni seuls, ni abandonnés, mais aussi, parce que nourris de mythologie moderne - le Ché acheva son voyage initiatique en Amérique du sud dans une léproserie sur l'amazone - ils voulaient se confronter aux plus démunis. Chemin faisant Frank, à qui est incombé le rôle de Alberto Granada, ne cesse de charrier Jean, alias le Ché, sur la rivière qu'il doit traverser à la nage pour prouver son amour aux lépreux. Ils doivent en effet traverser une rivière avant d'accéder à la léproserie, mais une épreuve bien différente de celle du Ché dans le film les attend. Une source d'eau chaude coule à proximité du village, et à cette heure ci, le couchant, toutes les femmes et les enfants y font leur toilette dans une impudeur bienheureuse. Nos deux héros, troublés par la beauté de la scène, osent à peine en faire des images.
 bains publics
 Et c'est encore sous le coup de l'émotion qu'ils entrent dans la léproserie.Tout d"abord l'étonnement, car ils réalisent seulement leur geste. ils ont suivit les conseils de Michel, sans vraiment y réfléchir. Les lépreux sont d'abord surpris, puis le guide expliquant leur venue, c'est pantelant et timides qu'ils s'approchent des deux cousins et les entourent. Ensuite, un par un ils serrent les mains de nos héros dans un geste humble, la main droite tendue, dont certaines ne sont plus que moignon, soutenue par la gauche, le regard, triste, seuls, résignés, abandonnés ou détachés, ils ne sauront jamais. Arrive le chef du village, qui explique les galères de la survie : pas de médicament et à peine à manger. Frank, spontanément, devant tant de détresse, après avoir consulté d'un regard son acolyte, dit  au chef, qu'ils leur donnait un sac de riz.
Ensuite ils se proposèrent aux photos de jean pour témoigner de leur vies.
 leproserie
 Sur le chemin du retour, Jean charrie son compagnon : "Hé Bernard, tu t'as refait le coup du sac de riz. Sacré Kouchner, dés qu'y a un appareil photo t'en fais trop. tu sais pas t'arrêter !"
Mais tout deux pensent à ce qui leur est arrivée et sont encore sous le coup de l'émotion.
A Mada la générosité n'est pas simple, Madagascar est le pays le plus subventionné du monde. Des parents apprennent à leurs enfants à mendier avant de marcher (de visu), ainsi, souvent la seule phrase de français que savent certains enfants est : "donne moi de l'argent". Les ONG ici pullulent, mais l'argent a du mal à arriver aux destinataires, s'évaporant en 4x4 monstrueux, immeubles autant surdimensionnés qu'inutiles, pots de vin, corruptions et détournement.
Le lendemain, visite du marché, les cousins y sont d'autant plus sujet d'étonnement, de curiosité et de jeux pour les enfants, que les vazas y sont rares. Frank goûte à de la sauterelle frite. (Jean : Il a du mal à avaler. )
 marché
 Une pluie tropicale les empêchant d'aller à la mine, ils rentrent à Tulear. Tant pis pour les mineurs, ils se passeront de sacs de riz. "Saphir rien !"