Le Madazine des Madalascars

...Frank et jean en Lémurie

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Tana

pere pedroVous les croyiez en vacances, se dorant la pilule en hamacs, un cocktail à la main et une gazelle sous le bras, contemplant l'océan d'un oeil que l'ennui a rendu torve. Et bien non! Voyager ne veut pas dire buller et vacances peut parfois signifier travailler.
 De retour à Tana, de retour en ville, dans un endroit qui n'a que peu de charme, dont ils n'ont pas envie, et qui plus est fédère tout ce qui larmoie, cloche, erre et mendie.
Jean en sortant d'Air Mad pour fumer une clope, se fait alpaguer par un jeune malgache. Celui-ci lui propose d'abord d'acheter un instrument de musique, un bout de bambou muni de cordes à gratter, l'instrument sonne bien, mais jean n'est pas plus musicien que Malgache. Il décline. Le jeune lui propose de l'herbe. Refus poli. Une cartouche de cigarette de contrebande puis du change parallèle. "C'est tout ! Pas d'autre services !" l'interroge notre bobo-rebel. Ce pourrait être drôle, si ces vendeurs n'étaient pas si insistants, gluant. Jean en a marre, c'est le centième de la journée. Alors plutôt que de se laisser importuner par des vendeurs de rien - la meilleur défense étant l'attaque - il peut lui aussi ne rien vendre. Et immédiatement le met en pratique.
 vendeurs ambulants
 A un jeune commerçant multicarte qui l'accoste, Jean propose : Une paire de Rossignols neuve, jamais servit, un mètre quatre-vingt. Le jeune vendeur est d'abord surpris. Hyperbolique avec des fixations Salomon, ça t'intéresse ? Il ne comprend pas de quoi Jean parle? C'est l'idéal pour le hors piste et la poudreuse : 2000 ? Il regarde perplexe autour de lui cherchant ce que semble chercher Jean, puis dépité abandonne et part. Ça marche ! Maintenant Jean a l'arme contre la sollicitude, et à tous propose son inutile paire de ski. Qu'il ne réussit, malgré tout, pas à vendre.

Tana est la capitale, mais aussi l'axe du pays, donc pour aller du nord au sud il faut forcément y passer, c'est pourquoi ils y sont. Mais aussi et surtout parce qu'ils doivent y faire leurs devoirs multimédias. Partout ailleurs les connections ne leur ont pas permis de mettre la kronik en ligne.
Jean produit, au jour le jour, textes et images, quand à Frank il se la coule douce. Mais aujourd'hui, c'est lui qui bosse. Il est même charrette le bougre : il doit faire un site en deux jours.

 bureau
Ils choisissent le Relais de la Haute Ville, pour le débit de sa connexion. Frank s'attelle à la tache.
Le dimanche matin alors qu'il travaille déjà (ou encore), Jean en profite pour aller à la messe (Frank : il faut qu'il se confesse, il a tellement de choses à se faire pardonner.) A quelques kilomètre de Tana, à Ambonianampamarinana (c'est déjà tout un programme) se situe ze-Père-Pedro-City, où le père Pedro prodigue ses bonnes oeuvres. Il a ainsi fait construire des maisons pour y loger prêt de 17 000 pauvres. C'est une star locale et mondiale. La messe se tient dans un gymnase bondé, on y vient de partout. Le père entre brandissant une bible au dessus de sa tête et fait le tour de salle en délire. Il a un look messianique et un brushing irréprochable. Il dispense la bonne parole, plutôt hygiénique que dogmatique. Et le public ponctue son discours d'acclamations hystériques et joyeuses.  
 messe
 Un grand moment d'émotion, que Frank trop occupé à travailler ratera (Jean : ça lui aurait pourtant bien soulagé la conscience d'avouer au père Pedro toute la noirceur de son âme).

Frank se lève d'un bon furax : "tu ne peux pas dire ça"
Jean surpris par la sortie de son cousin temporise : "Bon on fait un break, on arrête de raconter nos histoires, faut qu'on fasse une mise au point."
Mais Frank ne se calme pas pour autant - "Pourquoi tu leur parles de la noirceur de mon âme ? C'est pas leur problème. Puis est elle est pure mon âme."
- Ne mets pas encore ce sujet sur la table.
- Oui je vais en parler et puisque tu veux, que je l'aborde, Jean, et bien je vais leur dire ce que tu faisait à la messe.
Devant la menace Jean se cabre : "Frank. Frank. Frank ne dis pas ça, sinon moi je leur montre la photo..."
- Jean si tu montres la photo, moi je balance tout, et la ça va chauffer pour toi.
- Frank t'es qu'un gros con, et je me casse.
-C'est ça tire toi. J'irais à Morandava voir les baobabs et les lémuriens tout seul.
- va voir tes plantes et tes animaux, moi je vais à Tuléar au Zazaclub.

Laissons les cousins se crêper le chignon, en attendant voici un petit interlude.

Jean Laborde est un personnage de l'histoire Malgache. Aventurier échoué à Mada. Très rapidement, il introduit la cour et la reine, la cruelle Ranavalona première. Et devient son amant et son conseiller technique. Mais pour aimer Ranavalona, il ne faut pas avoir froid aux yeux : Car la reine était malicieuse - c'est pas peu dire - et ses jeux préférés sont :le  jeter chrétiens et amants du haut d'une falaise, ou le scier les membres de sa victime qui est ensuite cousue dans une peau de zébu et abandonné au fourmis, et plein d'autre joyeusetés de cet acabit.

C'est un sujet délicat certes, et il ne fallait que Jean l'aborda. Mais maintenant nos deux cousins ont lavé leur linge sale (en famille ce n'est même pas la peine de le préciser). Ils se sont réconciliés.

 Jean Laborde
 Ils sont à l'hôtel Jean Laborde et boivent un cuvée spécial Jean Laborde. Ils n'ont plus envie de Tana, et son tendus vers le sud, qu'ils partent explorer dés le lendemain.

La petit leçon de malgache de Monsieur Frank :
En malgache Jean Laborde se dit Jean Laborde. (Jean : la Frank y s'est pas trop cassé le cul)

Est-ce un mid- trip blues, ou une certaine lassitude, mais y'a comme du mou dans le périple.
Peut être est-ce Mada qui est molle ?
C'est vrai que si l'aventure commence avec les ennuis, ici tout y est trop simple, donc sans aspérités ni reliefs (Frank : sauf les routes.).

Mais le sud, qui est aux bouts de leurs pieds, leur laisse espérer plus de péripéties.
Demain ils décollent pour Tulear.