Le Madazine des Madalascars

...Frank et jean en Lémurie

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Transports

 transport Arpenter les halls d'hôtel, fussent ils des bouibouis, n'est pas partager la vie locale. Alors pour s'immerger et rencontrer du local, quoi de mieux que de prendre les transports en communs.

 
 Premier exercice pour la mise en jambe : descendre de Joffre ville à Diégo.
Ils prennent un « baché », un pick-up 404 couvert. Il ne sont qu’une douzaine assis sur des planches, l’air entre de toutes parts, mais il fait doux et malgré la promiscuité, le voyage est plaisant.
 taxi brousse
 Deuxième exercice où les choses se corsent : Diégo à Ambilobe (ambiloubé) en minibus.
Les choses se présentent plutôt bien : un minibus…. Au vu de leurs aventures guatémaltèques ils imaginent la chose agréable. A peine arrivé à la gare routière qu’ils sont assaillis. « moura-moura !» (on se calme !) Puis après négociation, ils montent dans un minibus, occupé par 4 personnes. Il y a douze places, pilote et son assistant-rabateur compris. Le bus se remplit peu à peu. Quand il sont dix le chauffeur monte et démarre. Ca va être tranquille. Mais le bus part dans la direction opposée. Au marché, le chauffeur racole deux filles, qui viennent avec un poulet, mais il faut aller chercher leurs affaires : un petit sac et un matelas roulé. Dans la discussion qui s'en suit, le mot "Donia" ne cesse de revenir. Puis un homme descend, et une grosse monte. Ensuite nous allons dans les faubourgs, des allées de sables et des baraques en tôles, une des filles descend, puis revient avec ses deux enfants, d’environ 4 et 6 ans. On repart vers le marché, pendant que le chauffeur achète du kat, l’homme descendu, remonte avec d’autres... Une heure s’est passé et nous sommes au moins quinze et déjà serré. Le bus s’arrête à nouveau à la station de bus d'ou nous sommes partis, et où plusieurs personnes, dont une gazelle, attendent. Palabres. Elles montent. On se serre tant qu’on peu. Le taxi part péniblement. Il n’a pas fait 500 mètres qu’il s’arrête : palabres. Une femme et son fils s'incrustent. Il faut les pousser pour fermer la porte. On part. Sifflet. Frein. Encore une fille qui monte devant, presque sur les genou du chauffeur.
Nous sommes au total 29 dans le bus en comptant les quatre enfants, la gazelle et la poule.
La route est mauvaise et sinueuse. Chaque virage arrache un caquètement au gallinacé, et nous écrase contre nos voisins. Tous les nids de poule sont prétexte à un ralentissement brutal, puis un démarrage poussif. La sono diffuse du rap malgache à fond. Il fait une chaleur étouffante exaspérée par l’agglutinement. Le chauffeur feuille après feuille ingurgite son rameau de kat. Le temps et les kilomètres avancent avec une lenteur exaspérante.
Dans toutes les conversations revient le mot Donia (dounia), c’est le festival de musiques malgaches qui à lieu tout les ans à Nosy Be (un Woodstock malgache selon le guide du routard), qui est le coeur de la vie culturelle de lîle, et tout Madagascar  semble y converger.
La voisine de jean, celle avec ses deux enfants, gronde son fils parce qu’il s’appuie sur lui. Jean la rassure et lui propose de la soulager en prenant un de ses fils sur ses genoux. Ainsi il fait le voyage avec un gamin endormi dans ses bras ( Frank : il est prêt pour l‘adoption - Jean : Ici ce n‘est pas l‘enfant roi, et malgré les conditions pénibles du voyages les gamins n‘ont pas moufté.).
L’inconfort devient insupportable voir douloureux, ils guettent les bornes kilométriques attendant celle qui annoncera la fin de leur calvaire.
Au bout de quatre heures qui en parurent dix, ils arrivent à Ambilobe dernière étape avant Nosy Be.
 La petite leçon de Malagasy de monsieur Frank

L’article
"Le la, les" se disent indifféremment  "ny"
Le pronom offrant :
"C’est, volà, voici" se tranduitent "inty"
Donc pour dire "c’est le chemin" dites "inty ny lalana"
la négation
ce n'est pas se dit : Tsy inty
et pour "ce n'est pas la route" dites "tsy inty no lalana"


Comme disait un vieux pote à moi et sage chinois : Qu'importe la destination, c'est le chemin qui compte, même si cette journée n'était que du trajet, la petite ballade en bus, malgré l'incofort, et l'étape au milieu de nulle part, sont agréables. Ici pas de vaza, les gens n'en ont rien à faire de nous, du coup c'est cool et on y passe une soirée tranquille (moura-moura), j'espère que vous aussi.