Le Madazine des Madalascars

...Frank et jean en Lémurie

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Tulear

TulearNous arrivons de nuit - c'est con - on ne voit rien de la ville, ni de la région. hôtel puis dodo. Tulear est une bourgade sur la cote envahie par les palétuviers, mais c'est surtout le bout de la route nationale 7, un terminus. La ville vit sans électricité, et il y règne une ambiance Corto-Maltesienne. Ils décident d'y passer un jour avant de reprendre la route, mais ce coup ci, en voiture avec chauffeur, pour enfin, sortir des villes et sentiers battus.
 A l'hotel ils sympathisent avec le gérant, Michel, un "deux fesses", un binational Français-malgache. Michel, après un passages en France est revenu définitivement à Mada : "c'est mon pays, et je n'ai rien à faire ailleurs", Il aime Madagascar, surtout le sud, qu'il connaît comme sa poche, mais il en aime avant tout ses habitants.
à l'aide de ses conseils, ils établissent. un itinéraires, loin des villes et plus prés des malgaches.
 Tulear centre
 L'aprés midi est consacrés à l'exploration de la ville, un gros bourg en dur, autour de son marché, cerné par la "banlieue" de cahutes de bois et tôles. S'y promenant au coucher de soleil, il font la rencontre de Rasta, un black au sourire abîmé, requin aux dents pourris, qui a dans son dos, une crotte noire qu'y s'y balance : un dread rasqueux. 
Ils boivent un verre chez Tantine, un container bleu, débit de boissons, et lieu de rendez-vous des jeunes du quartier. Rasta se la joue ses avec  nouveaux "amis", mais ils connaissent la chanson, et le laisse débiter la sérénade, pas dupes.
Arrive un vaza, un vieux un peu bellâtre. Michel est retraité, il profite de sa retraite pour profiter des filles vénales des anciennes colonies. Il est ici depuis deux mois, (après le Maroc). Il a un discours un peu vieux-con-France-Afrique, regrettant le bon temps des colonies qu'il n'a pas connu. Il se rêve en bwana, entouré de boys et girls dont il aurait la jouissance. Il a aussi tenté l'Indochine, mais c'est la chair africaine qu'il aime. Il n'est pas sûr de rester ici, parce que la politique de Ravalonana, le président anti-français et pro-américaine, a déboulonné  le vaza de métroppole de son piédestal. Du coup, entre respect, faim et avidité, certains franchissent le pas et agressent les blancs. Il y a une semaine, près d'Ifaty (ifat') ils ont agressé et égorgé trois touristes français. Ainsi commence sa litanie, sur le monde qui change.
C'est vrai, que depuis qu'ils sont à Tulear, tous leur parlent de l'insécurité. Faut pas sortir la nuit, c'est dangereux. Faut pas prendre les pousse-pousses, ce sont des brigands, faut pas aller à Ilaka (ilakak - j'y reviendrais) c'est le far-west, là bas ils se promènent avec un fusil à pompe sur l'épaule.... Frank et jean n'y sont pas sourds, mais les chantres de l'insécurité sont partout, et il est plus facile d'égrainer la liste des faits divers, que celle infinie des fois où il ne s'est rien passé.
Tandis que Rasta fait son numéro, arrive une de ses amie, un short militaire moule son petit cul, un tee-shirt blanc, ses gros seins - une sacrée paire de loches - et sur ses tresses une casquette kaki. Elle s'appelle Philippe !!! Et devant Jean, elle minaude, ondulant des hanches et des seins. Ensuite, débarque Michael, black coiffé d'un bonnet rasta, et ne parlant que dreads, raeggae et bédos. Suit ensuite Natassa, fine et longue à petits seins.  il vont dans la "back-room" de chez Tantine, une arrière salle éclairée à la bougie, pour y fumer de la locale.
 Philippe et ses amis
 Nataza, elle aussi fait sa belle devant Jean, dansant de façon provocante et suggestive avec un pilon pour le mil, espèce de gros braquemart en bois. Les Deux cousins ont la même préférence pour la fine fleur, mais une préséance, convenances ou quelques accords tacites, ont distribué Philippe à Jean et Nataça à Frank. Il n'ont pas le temps d'en discuter, qu'entrent dans la pièce trois mecs qu'ils ont déjà vu, ces trois lascars tournaient devant chez tantine, dans une 205 décapotable, aux portières ornées de flammes, la musique à fond. S'en suit une discussion tendus entre nos "amis" et les nouveaux venus. Immédiatement les deux cousins, synchrones, on sentit que les choses avaient tourné. Ya dilemme entre les deux bandes, et ils ne veulent pas en être l'enjeu. Autant avec Rasta et ses amies, ils n'étaient pas en danger, ce ne sont que des gagne-petit, qui tout au plus les auraient enfumés pour profiter de leurs fric, ce que les cousins savaient et laissaient faire, complices - qui profite de qui ? - mais avec les nouveaux venus, ils en va autrement. Ces petits caïds, on une voiture, ce qui ici est beaucoup, et ce n'est pas en faisant des arnaques à la petite semaine auprès des touristes qu'on peut se payer un tel luxe. Autant éviter de frayer avec ce genre de lascars. Première étape sortir de l'arrière salle, puis planter là ce beau monde sans faire de vagues. Le prétexte d'une bière suffira pour s'extirper de la back room, mais la bande de requins d'eau douce, ne lâche pas son os si facilement, et tous les prétextes que les deux cousins trouvent pour leur fausser compagnie, sont esquivés. "On va dîner," et hop des brochettes surgissent, ainsi de suite. Rasta et ses amis veulent les embringuer : "On fait la fête ensemble, on boit puis, on va au Zaza-club". Le Zaza-club, c'est la seule boite de la ville, mais c'est là que s'y vendent les filles. Carlos (quand c'est trop, c'est tropico) en a dit que c'est le meilleur club au monde. Mais les deux cousins ne l'entendent pas de cette oreille, alors ils se lèvent, "Salut les gars, On va dîner." Le passage à la caisse, s'avère compliqué, et les comptes croisés pas simples. mais au final, s'ils se sont fait entubés, c'est de quelques roupies...
Mais Rasta et Philippe, ne veulent pas laisser filer leurs pigeons, ils tentent de les retenir, Rasta avec des serments d'amitiés, et Philippe faisant étalage de ses charmes. Mais les deux Mada-lascars sont incorruptibles, et surtout, en ont marre de leurs nouveau amis. Rasta insiste encore : "on vous accompagne à l'hôtel, puis on vient vous chercher." le piège, car bien qu'ils savent ou est leur hôtel, si ils viennent avec eux, ils pourront y accéder, et après plus de répit. "Non ! On rentre seuls. On va dîner, puis après, si on veut sortir, on sait ou vous êtes et on vous retrouve, pour aller faire la fête au zaza. Enfin débarrassés. Le pauvre colle.