Panama

Jean en Amérique Latine

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Huancayo


Bus de luxe pour rejoindre Huancayo : 6 heures à regarder défiler des paysages somptueux, avant d'arriver dans la vallée du Rio Mantaro et aux faubourgs tristes et délabrés de la ville. Huancayo est surtout un carrefour, une ville d'échanges et de commerce. Sans charmes sans histoire, elle n'est en fait, qu'un gigantesque marché où tout se vend à tous. Chaque rue est le rayon d'un immense bazar.

Sans être dangereuse, elle a la réputation d'y être pleine de pickpockets, qui profitent du grouillement pour sévir. Les guides conseillent de ne sortir qu'avec le strict minimum.
Le premier soir je me perds dans les rues de l'immense marché fasciné par le grouillement, quand enfin j'ose sortir mon appareil, j'ai à peine le temps de faire un pano qu'un gars m'apalgue pour me prévenir contre les voleurs, je lui réponds que je suis vigilant, d'ailleurs mon appareil est attaché à mon poignet, mais il m'engueule presque et ne me lâche que quand j'ai rangé l'appareil dans mon sac.
Le lendemain je vais dans un billard, et discute avec la serveuse, qui me demande si je me suis fais volé. Elle est étonnée que ce ne soit pas le cas, puis me dit que c'est probablement parce que je suis grand, c'est vrai que je leur mets bien 20 cm dans la vue. J'imaginais le contraire : que cela les attirerait, car au milieu de la foule on me voit comme un phare en pleine nuit. D'ailleurs quand je marche dans la rue, tous me dévisagent, certes je vais dans des endroits peu fréquentés par les touristes, mais quand même. C'en est presque gênant.

Donc contre les voleurs, comme je suis un garçon malicieux, j'ai mes talismans : j'ai fait plein de petits papiers, dont je bourre mes poches, non sans avoir au préalable, écris dessus un message à mes éventuels voleurs : "Ve te a tu mierda, cabron !". Et rien que l'idée de mon voleur tapis dans un recoin pour examiner son butin, se prenant ma petite vanne en pleine poire, m'amuse beaucoup. Mais plus encore elle me motive à aller traîner dans les endroits grouillants - toujours la main sur mon appareil évidement, mais sans angoisser au moindre frolement, bien au contraire.
Ma stratégie semble payante, car ils ne m'ont encore piqué aucun petit papier. Pourvu que ça dure