Panama

Jean en Amérique Latine

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Marcahuasi

 

Bus
Je suis dans le bus pour San Pedro de Casta, un petit village situé à 3100 m d'altitude, le bus est parti vers 16 h de Chosica à 80 km de Lima, la première impression est d'être dans une immense carrière : de la pierre, rien que de la pierre et de la poussière. Rapidement la route est devenue vertigineuse, une maigre végétation sur les flancs très raides des montagnes, et la route en terre, qui entaille la pente. le bus avance lentement mais grimpe vite. la vue commence à être vraiment dérangeante, j'ai un noeud au ventre, qui ne desserre pas. Je rencontre Marlon, un jeune péruvien qui vient pour la huitième fois à Marcahuasi. Marcahuasi, c'est un site archéologique à plus de 4000 m d'altitude. Moi qui voulais prendre de la hauteur, je vais être servi. De temps en temps le bus s'arrête au milieu de nulle part et quelqu'un monte ou descend. La nuit tombe. Des fossés vertigineux longent la route et le chauffeur, serein, attend de n'y plus rien voir pour allumer les phares. Il fait maintenant complètement nuit et je ne sais pas ce qui est pire : voir une petite tache de lumière devant le bus dans l'immensité noir autour, que je suppose sans fond, ou pouvoir scruter les abimes sur lesquelles à tout moment on peut s'écraser. Enfin nous arrivons à à San Pedro , Un Mate (maté : une infusion) de coca et hop au lit,
Marcahuasi
Un petit déjeuné sommaire, pan con queso y mate de coca, et nous partons. Il y a Marlon, Christopher et Diana, un jeune couple de péruvien, la première moitié du chemin se passe sans soucis, la deuxième, à partir de 3500 m (qui est l'altitude à laquelle l'aviation civile oblige les masque à oxygène), ça devient plus coton. Sur la fin, je m'arrête tout les 50 m, avec le pouls qui bat dans les tempes, je le laisse redescendre, d'abord dans le cou, puis la poitrine, une fois calmé, je reprend l'ascension. L'arrivée sur le plateau se fait par "las pierras", un site de grosses pierres, torturées par l'érosion, elles ont des formes suggestives (rien de salace), et chacun y voit ce qu'il veut, mais on y reconnaît (anthropocentrisme oblige) des visages, une tête de nègre, un visage d'une vielle indienne avec deux enfant... elles ont toutes des noms, il y a même un Snoopy.
4000 m
Je suis vanné. Je m'allonge sur une pierre. Je ne suis pas bien : mal aux yeux, à la tête, et au bide : la soronche, le mal d'altitude. Mais je ne veux pas m'en laissé compter. Je monte sur un rocher pour faire des photos, mais rien que ça m'épuise. Je me sens faible et nauséeux, faut que je m'allonge. Je me trouve une bonne pierre, sors mon iPod, et m'allonge face au soleil qui enfin apparaît. Il est brûlant. Je laisse les autres aller de l'avant et le temps passrer. Puis je me ressaisi et pars explorer le plateau. De larges pierres érodées affleurent d'une terre couverte d'une herbe rase et sèche, où paissent quelques vaches. Un peu plus loin des ruines, peut être une civilisation pré-inca, en tout cas peu d'intérêt.
4000m
Je change de coté et vais sur les bords du plateau. il se termine par un applomb de grosses pierres rondes, qui domine la vallée. C'est impressionnant ! Je fais des photos : pour capter le coté vertigineux je dois m'approcher du bord, mais entre le vertige et la soronche, j'en mène pas large et me rallonge sur une pierre. Le temps passe, je suis bien, calme et posé. Marlon, vient me voir pour me dire qu'ils vont vers "el anfiteatro" une autre formation pierreuse, à l'autre bout du plateau. Je les laisse aller.
Au bout d'un moment, je décide de m'enquérir des autres, mais ne les trouvant pas, je rentre. En chemin, je me sens mieux, j'apprécie, le calme et le décor, je me dis que ça fait quasi un mois que je suis partit et pas la moindre trace de nostalgie, manque ou mélancolie, que je continuerais volontiers indéfiniment ma route, que je me sens moins seul ici en voyage qu'à Paris entouré de mes "amis"
Paysage
De retour au village le soronche m'oblige à la sieste, ensuite je sors, c'est le couchant. Je traîne dans le village, les indiens sont plutôt renfrognés et peu ouverts au étrangers muni d'appareils photos, mais je m'en laisse pas compter - un petit vieux rempli son seau à la fontaine, je lui demande de faire une photos, puis nous discutons, il a plusieurs enfants qui sont tous partis, 2 en Espagne qu'il n'a pas revu depuis cinq ans, les autres sont, soit en ville, soit dans d'autres villages. Ils les voit de temps en temps. Il est vacher, et va faire paître ses bêtes sur la colline la plus haute 4500 m tout les 2 ou 3 jours (4 heures marche). nous discutons de la vie ici et là bas (en ville, en Europe, ailleurs). Il conclu notre conversation par un fataliste, "nous voulons, mais c'est Dieu qui décide".