Panama

Jean en Amérique Latine

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Mira Flores

 Sur la lancée d’hier, je veux continuer !
je marche en ville, derrière l’avenue que j’arpente, des immeubles décrépits feraient un excellent décor, pas d’hésitations, j’y vais. Un passant me fait signe de faire attention avec mon appareil photo – juste de la prudence – mais pas de peurs inutiles – entre les immeubles j’aperçois un homme en rouge crachant une épaisse fumée acre. J’y vais me plante au milieu et fait mon pano sous les regards étonnés et amusés des voisins.
Mira Flores
Le soleil se couche, je descends une rue perpendiculaire à l’avenida centrale, elle est étroite et crasseuse, elle mène vers un terrain vague prés du port aux pêcheurs, soit je tourne à gauche et retourne sur l’avenue principale, soit je vais vers les marins, les bars borgnes et les détritus qui jonchent la grève. Halte aux peurs inutiles – je vais vers ceux qui m’attirent. Trois hommes assis sur le trottoir me hèlent, j’y vais, discute un peu avec eux, goûte le tord boyaux qu'ils éclusent ensemble, fait quelques photos, puis me débine, leur laissant - ou pas - un billet d’un dollar, pour les remercier de la photo – et, encore une fois sous les regards amusés des témoins.
Marin Saoul
Je ne suis pas inconscient, casse-cou ou suicidaire. Je ne vais pas dans les quartiers réputés dangereux, surtout à la nuit, mais il faut rejeter nos peurs occidentales : ce qui est sale est dangereux, ce qui est délabré est mal, qui est crade est mauvais. J‘y vais serein et souriant. Sans peur. Et je m’amuse, provoquant par la même, de la joie.

Anti-thèse : Ce matin j’ai voulu aller voir à Mira Flores les écluses du Canal. Je sentais le plan plouc – c’était pire – nous étions des centaine à attendre le bateau pendant qu’un guide au micro nous expliquait la manœuvre, infiniment longue. Rien à voir, mais des centaines à photographier.
Canal
J’ai participé à la curée, mais avec mon petit air moqueur